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  • Paysage syndical français.

    Les droits syndicaux sont liés aux progrès des droits de l'homme et des libertés, ils ont augmenté fortement dans le monde. Certains pays n'ont pas encore ce type de contrepouvoir, et leurs populations en subissent les conséquence: mauvais traitements, négation des droits les plus élémentaires, pas de dignité pour les plus faibles, insécurité. Dans ces pays, l'injustice, les discriminations et la violence physique, financière comme morale, sont la norme sociale. La France a une tradition syndicale bien ancrée dans l'histoire et les habitudes, elle a été pionnière dans ce domaine. Mais les syndicats n'ont plus la côte.

    Ils fatiguent par leurs revendications incessantes. L'éternelle plainte du plus faible qu'il faut aider, exaspère. En menant des actions qui paralysent la société , ils se font les fossoyeurs d'une citoyenneté sereine et joyeuse: tout doit se terminer par un conflit et un blocage de la société. Ainsi prouvent ils leur existence dans leur capacité à diviser et affaiblir la nation et les entreprises. Leur activisme, a entrainé une désaffection profonde et une méfiance tenace à leur encontre. Prompts à défendre des intérêts corporatistes, ils se rendent bien souvent détestables, provoquent désunions et dissensions. Pour eux, le capitaliste est un ennemi, alors que pour la majorité des travailleurs, le capitalisme est ressenti comme désirable si pas indispensable , efficace si pas bénéfique. Tout en gardant leur sensibilité, il suffirait que les syndicats se posent la question de l'acceptabilité de leurs propos face aux travailleurs, pour créer de l'unité, pour retrouver de la popularité...et de l'efficacité face aux dégâts que le capitalisme provoque. Ils n'en prennent pas le chemin, et aux dégâts produits par le capitalisme, ils rajoutent bien souvent les leurs.

    On remarque que les pays qui ont organisé la casse des syndicats, ont vu leur industrie décroitre. Il en a été ainsi des Etats-Unis, puis du Royaume Uni, et enfin de la France. Les pays qui ont gardé des syndicats massifs et actifs ont gardé leur industrie ou ont progressé, tant au niveau économique que politique. Il n'y a pas d'industrie puissante, ni de société vivante, sans syndicats puissants. Un syndicalisme qui fonctionne est producteur de paix sociale et de motivation pour les travailleurs. S'il fait ce pour quoi il est conçu, il fait émerger les principes qui protègent et motivent un parcours individuel, aux milieu d'une société hostile ou indifférente. Il apaise les tensions qui naissent des intérêts et passions divergents. Pour les dirigeants, Il devient dans ce cas, un cadre contraignant et couteux, mais sûr et prévisible de développement.

    Mais il faut pour cela, commencer par distinguer un syndicat puissant d'un syndicat violent. Les lois syndicales ont été conçu, en France, pour organiser des batailles rangées, entre les travailleurs d'un côté, le patronat de l'autre. Bien évidemment, ça ne fonctionne souvent pas bien, et parfois pas du tout. Lorsque j'étais enfant, on s'en amusait en se disant qu'on vivait dans un pays désordonné, un pays de liberté et de tolérance. On se disait qu'on était un peuple batailleur, qu'on avait une société bien plus avantageuse que d'autres nations, une société qui fait payer les plus riches, et protège les plus faibles, tout en préservant les libertés. Un juste milieu entre capitalisme et communisme. Maintenant ça agace ou ça fatigue.

    La liberté fait rêver, mais elle fatigue aussi. C'est ce que tout élu de droite sait et utilise pour proposer une société des meilleurs en lieu et place d'une société des égaux. Les meilleurs étant ceux qui arrivent au bon moment, avec les bonnes personnes, et les bonnes idées, pour apporter un progrès à la société. C'est du moins, la rhétorique d'usage. C'est une société qui apparait en premier lieu comme enthousiasmante, créative, innovante. Elle donne à chacun l'espoir de réussir par ses efforts et son talent, de se distinguer, d'amener quelque chose de nouveau et de positif à la société. Toutefois en pratique bien souvent, l'action efficace c'est de tirer un profit égoïste maximum, en utilisant les idées et l'argent des autres, sans produire rien de positif pour la société, et sans payer les effets négatifs produits. Ce paradis proposé se transforme en une société de l'illusion, de la spoliation et de la destruction, où les dominants raflent l'argent, le pouvoir, la notoriété, et en sont fiers. Les perdants de ces confrontations sont les looseurs qui ramassent les miettes, et ont honte de leur échec. 

    La concertation est le premier de ces moyens, qui propose une voie opposée et complémentaire de la confrontation. C'est un mode de fonctionnement ennuyeux, qui ne fait pas rêver et qui ne procure aucune réussite individuelle. Il se contente de créer de l'optimisme, de la confiance, de la  souveraineté et de la sécurité pour tous. C'est dans le concret, l'obligation pour les dirigeants et les syndicats de se rencontrer avant toute grève. Ces échanges définissent un esprit d'entreprise qui n'est pas seulement le narratif de quelques cadres dirigeants ou actionnaires. Ils servent éventuellement et ultérieurement devant un tribunal judiciaire, médiatique ou politique. Certains pays, inscrivent la concertation dans les pratiques, dans le droit, voir dans la constitution. Ces pays sont en Europe, les plus industrialisés et les plus avancées démocratiquement. 

    Le deuxième moyen, c'est la responsabilité. Les syndicats, aujourd'hui, financé par les entreprises et par l'état, sont dans d'autres pays, financés uniquement par leurs adhérents. Cette indépendance est nécessaire pour avoir des syndicats créatifs, libres, diversifiés et responsables, qui puissent établir des relations fortes avec les travailleurs. Un travailleur qui paie directement son syndicat a du pouvoir sur lui. Ce n'est pas le cas en France ou les syndicats sont rémunérés au prorata de leurs résultats aux élections syndicales. Il en résulte que les travailleurs sont souvent laissés seuls, ou utilisés par les syndicats, comme des pions, dans des batailles contre le patronat.

    Le troisième point, ce sont les conditions du déclenchement de la grève. Dans les meilleurs pays, la grève n'est possible que si la majorité des employés votent pour la faire. Ce principe qui oblige les syndicats à chercher l'unanimité des employés à travers des débats, créent un esprit d'entreprise propice à sa performance sur le long terme. Ce principe diminue fortement le nombre de grèves opportunistes. Il diminue la possibilité de destruction social des syndicats, et fortifie la stabilité des relations entre employés et dirigeants. 

    La quatrième, c'est le lockout. Cette possibilité pour le patron de fermer son entreprise en cas de grève. C'est un atout important pour qu'il puisse protéger son outil de travail, mais aussi pour laisser rentrer les employés qui peuvent encore lui être utiles. Les entrepreneurs français n'ont pas cet avantage. Cette absence de loi, participe à la fragilisation des entreprises françaises. Cette situation laisse les patrons non préparés à la merci de syndicats agressifs, et encourage les autres à museler ou exclure les syndicats de leur entreprise.

    La cinquième, est la possibilité pour les assemblées d'élus, de pouvoir interdire une grève, lorsqu'elles le souhaitent. C'est un principe utile dans le cas de grèves dont l'impacte peut toucher toute la société de façon négative. Le syndicalisme tendant dans ce cas, à du chantage, à une violence sociale destructrice. Cette loi protègerait la nation et les régions des excès de pouvoir d'un syndicalisme agressif, en redonnant une marge de manœuvre aux élus.

    Le sixième point à examiner est la syndicalisation obligatoire. Il semble au premier abord ridicule ou désuet. Il n'est qu'à penser au cinéma américain qui obéit à cette loi tout en étant créatif et performant.

    Un moment important de l'entreprise, est ce moment où elle change de propriétaire. A ce moment crucial, aucun mécanisme n'est pensé pour optimiser la transmission. Les entreprises ferment ou sont rachetées par des grands groupes. C'est ainsi que les entreprises tombent parfois dans les mains de juges de tribunaux de commerce dont le travail n'est ni discuté ni rendu public. D'autres fois, elles tombent dans les mains de financiers dépourvus de talents et de scrupules mais pas de cupidité ni de cynisme. Ils s'en fichent pas mal des employés ou de l'outil industriel, et n'hésitent pas à se défaire des employés et de l'outil de production. On peut constater qu'aucun mécanisme n'est prévu pour optimiser la pérennité de l'outil de travail, des savoirs faire, des employés, et encore moins pour en assurer le suivi. Aucune étude n'est menée pour établir une liste exhaustive de savoirs faire et outils de travail qu'il serait nécessaire de conserver pour protéger notre souveraineté et notre identité, tant au niveau régional, national ou européen. C'est ainsi que les élus installent l'insécurité pour les employés, enterrent l'identité, la souveraineté et diminuent les recettes fiscales, tout en prétendant faire le contraire.

    La lisibilité et la transparence des décisions dans les entreprises sont importantes pour son avenir. La discrétion dans le management est nécessaire à court terme, l'acceptabilité est indispensable pour le développement de l'entreprise sur le long therme. L'acceptabilité ne peut pas exister sans transparence. Il est donc nécessaire et important de distinguer la discrétion du secret. La discrétion permet l'épanouissement, la spontanéité, la créativité et la liberté des dirigeants. Elle profite aussi aux employés, et augmente les recettes publiques. Le secret protège les dirigeants délinquants ou incompétents. Elle augmente l'insécurité pour les employés, et diminue les recettes publiques.

    L'Europe s'est engagé dans la voie de la désindustrialisation en votant des lois sur le secret des entreprises. Une ensemble de loi, que les américains, ont adopté bien avant les européens, et qui ont permis à quantité de financiers américains, de faire leur fortune, en détruisant l'outil de production américain. Depuis l'adoption de cette loi, l'industrie européenne décline. Des lois sur la transparence des affaires sont contraignantes pour les dirigeants, et bénéfiques principalement pour les consommateurs et les employés. Mais elles sont bénéfiques aussi pour les entreprises, dont le danger récurrent vient d'autres entreprises avec lesquelles, elles sont fournisseurs, clientes ou concurrentes. L'opacité de l'activité économique comme politique, profite principalement aux délinquants et criminels en cols blancs, dirigeants incompétents, destructeurs et magouilleurs.

    Cette opacité divise et affaiblit la société civile tout autant que la société industrielle. Cette opacité est défendue par les élites politiques comme indispensable ou sécurisante. Ce qu'elle n'est pas. En fait, elle permet d'écraser les plus faibles tout en les culpabilisant: martingale de la plupart des élus. On peut bien sûr évoquer la responsabilité des électeurs, qui portent ce type de managers au pouvoir, et dire ainsi qu'ils ont les élus qu'ils méritent. On remarque que les principaux médias sont aujourd'hui possédés par des industriels qui on des contrats avec l'état. Ces  derniers soutiennent ce type d'élus, en contradiction avec les principes d'indépendance et de liberté du journalisme.

    On observe que les gouvernements successifs français, ne cherchent en aucune façon à savoir ce qui est fait de l'aide publique aux entreprises. Lorsque certains élus d'opposition cherchent à savoir quelle utilisation est faite de l'argent public sur ces dépenses, le gouvernement leur barre la route, leur ment ou ne répond pas. Les partis qui critiquent ces méthodes lorsqu'ils sont dans l'opposition, les oublient dès qu'ils sont au gouvernement. L'aide aux entreprise consiste donc, en un arrosage de fric entre amis et à des dépenses somptuaires. Mais si d'aventure un jour, un gouvernement décidait d'y mettre un terme, il traiterait les entrepreneurs comme des ennemis. Ce qui provoquerait une casse économique dont le coût serait, encore une fois de plus, payé par les contribuables.

    Toute cette situation est possible grâce au culte de la violence sociale et morale comme règlement des différents; en lieu et place de la concertation. Une société qui n'a comme horizon d'action que le conflit social, moral, politique, provoque la division des citoyens. Cette situation génère de la frustration, de l'inquiétude, de la déception. Une société qui n'a pas de direction, pas d'unité, se disloque. Et la réponse politique la plus évidente pour lui rendre son unité, c'est la répression. Ainsi, le conflit des égos comme base fonctionnelle des décisions collectives, produit la répression. Il est donc facile de comprendre que c'est un changement cultuel qui permettrait de rendre de la sérénité et de l'efficacité à la société française. Ce à quoi, aucun parti, groupe d'intellectuel, groupe médiatique, ne travaille.