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  • L'avenir et l'Europe.

    Au mois de novembre de l'année dernière, une proposition de loi proposé par Brando Bénifei, a été débattue et votée par le parlement européen, ce vote est passé médiatiquement inaperçu. C'est la troisième fois qu'elle est proposée à quelques différences près. Son application apporterait une amélioration modeste mais certaine, du circuit des décisions politiques, en les rendant plus démocratiques, transparentes, efficaces.

    La première modification est symbolique, elle concerne le nombre de commissaires. Actuellement au nombre de 27, elle représente un compromis politique puisque chaque état a son propre commissaire. En conséquence, les portefeuilles ne sont pas définis en fonction du travail à réaliser. Le nombre proposé par ce rapport est 15, il correspond aux différentes priorités politiques d'un gouvernement européen actuel. 

    La seconde proposition donnerait au parlement, le pouvoir de proposer des lois. Actuellement, c'est le monopole de la commission. Les membres de la commission sont nommés en conseil des ministres. Ministres qui eux-mêmes, sont nommés. On est loin d'un fonctionnement démocratique.

    La troisième proposition est de renforcer la capacité d'enquête du parlement. Par une augmentation de la transparence, elle est de nature à dissuader la corruption et les magouilles des élus et fonctionnaires. Elle améliorerait la qualité des décisions prises, en particulier les dépenses d'argent, et augmenterait la lisibilité, la confiance des citoyens envers l'institution européenne.

    Adopté à la majorité par l'assemblée européenne, ce projet n'aura pourtant aucune conséquence pratique. Alors même que la commission s'affiche volontariste, elle empêche une évolution pourtant bénéfique. Il est à noter que les partis centristes et réformateurs français ont voté pour. Les partis de droite et de gauche radicales ont voté contre. Ces partis qui ne ratent pas une occasion pour dénoncer le manque de démocratie, la corruption, la bureaucratie de l'union européenne, ont voté pour que cette situation qui pénalise les citoyens européens, continue. 

    Une modification solide serait d'étendre les décisions à la majorité. Actuellement, de nombreux domaines nécessitent l'unanimité. Cette unanimité requise bloque tout progrès dans des domaines aussi importants que les taxes, impôts, cotisation sociales, défense, politique étrangère. C'est un facteur d'inaction, qui n'est pas à l'avantage des contribuables, ni des travailleurs, ni de la sécurité des citoyens. Ces vétos consacrent l'impuissance politique de l'Europe, et font le bonheur des présidents hongrois, slovaque, voir plus. Les dirigeant américains, russes, chinois, sont au firmament de leur bonheur et de leur mépris: une Europe bloquée est une Europe faible, qu'ils peuvent diviser, intimider, dominer. Aucun pays européen n'est capable à lui seul d'assurer la sécurité ou la compétitivité du continent. Et une alliance hétéroclite, opportuniste entre quelques nations, ne sera pas plus efficace. Les citoyens européens le savent bien, ils sont une majorité à souhaiter une armée européenne.

    Elections par listes européennes au lieu de listes nationales. Cette proposition permettrait aux électeurs européens de voter pour des listes qui ont une attitude identifiable vis à vis de l'Europe, au delà des frontières, langues et cultures. C'est une loi qui favoriserait l'émergence d'une identité européenne, elle permettrait aux électeurs européens de peser plus précisément sur la politique européenne, ce serait une source de confiance dans l'avenir et dans la société.

    Les projets clairs, décisifs, nécessaires de politique étrangère ne peuvent pas émerger. La commission rédige et signe des accords douaniers dont les termes sont inaccessibles aux citoyens comme aux députés. Cette opacité, vécue comme nécessaire par un pouvoir irresponsable devant les citoyens, provoque une inquiétude au sein des populations et des industriels, au lieu de créer de la confiance, du développement, de la paix. Les dirigeants autorisent la vente de fleurons de l'industrie militaire européenne aux américains. Ils se vautrent aux pieds du président américain, ne savent pas se situer dans le commerce mondial, et sont tétanisés face à la Chine. Cette réalité européenne est insatisfaisante, inquiétante, insaisissable pour les citoyens. L'Europe ne défend pas les droits de l'homme(Hongrie, Slovaquie), ne condamne pas un président génocidaire(Netanyahou), traite un criminel de guerre(Poutine) comme un responsable avec qui négocier, se comporte face à un voisin instable et agressif(Trump), comme avec un ami. La France est aux avant postes de cette attitude veule, brouillonne, dangereuse pour l'avenir.

    Cette régression morale, politique, économique, est voulue par l'ensemble des élites politiques européennes qui jouent la montre, en retardant des décisions qui auraient du déjà être prises depuis une vingtaine d'année. L'adoption d'une monnaie unique, d'une constitution, la suppression des frontières, l'élargissement à de nouveau pays impliquaient d'approfondir politiquement les institutions européennes. Par l'absence de ces réformes nécessaire à un fonctionnement satisfaisant des institutions européennes, ces élus entretiennent l'impuissance, l'insécurité, la peur, sans assumer les conséquences de cette inaction, ni des engagements pris par leurs ainés. Ils empêchent une souveraineté, une identité, une sécurité européenne d'émerger. Puis ils prospèrent politiquement en promettant de résoudre à l'avenir, les problèmes qu'ils créent et font prospérer au présent.